Back Room, 2009 Panneaux d'aggloméré (OSB), bois, sciure, copeaux de bois, cochons d'Inde, photographies, photocopies, environ 500 x 500 cm Vues de l'exposition au centre d'art passerelle, Brest. Photo : DR
Back Room, 2009 Panneaux d'aggloméré (OSB), bois, sciure, copeaux de bois, cochons d'Inde, photographies, photocopies, environ 500 x 500 cm Vues de l'exposition Transfer, Mars Gallery, Moscou. Photo : DR
Intitulé Back Room, l'œuvre fait allusion à ces endroits cachés
où ont lieu des transactions ou des échanges non-autorisés/illégaux dont
l'objet est souvent l'argent, le sexe, la drogue. Ce qui se négocie ici
est cependant plus évasif, moins palpable mais aussi vital : il serait
question de l'existence même dans un scénario à la Kafka. Back Room s'est matérialisé comme un processus (penser et tourner en rond comme
c'est souvent le cas pour moi) à partir de deux images qui me hantent
depuis longtemps : la première montre Tatline à coté de son monument à
la IIIème Internationale, la deuxième Heinrich Anton Muller qui pose
avec une de ses "machines". Deux artistes visonnaires, propulsés par une
quête utopique, qui évoluent dans des contextes sociaux très
différents.
Back Room est autant une construction
psychique qu'un complexe architectural. Peu importe, il vaut mieux
l'aborder comme une fable à points d'entrée multiple et au sens ouvert.
Elle examine les relations entre êtres haut et bas, humains et animaux,
planificateurs et peuples, artistes, architectes et leurs publics. En ce
qui concerne ces derniers, une des questions principales pourrait être
"Quoi construire, pourquoi et pour qui ?".
J'ai essayé, au sein
de cette construction, d'articuler les contradictions inhérentes à une
certain pulsion utopique telle qu'elle se manifeste à travers l'art et
l'architecture... ce fossé qui s'ouvre entre la vision grandiose,
idéalisée et sa réalisation souvent bien plus modeste.
P. S. :
Les animaux qui habitent le désert de sciure (sous-produit d'une
architecture providentielle) ignorent cette construction qui les
surplombe. Ils ne peuvent même pas la pratiquer incapables de lever la
tête pour la contempler : les cochons d'inde sont farouchement terre à
terre sans la moindre prédisposition pour la grimpe.